Bryan Simoni, un Calaisien expatrié dans le Var, est atteint de la mucoviscidose. Comme Grégory Lemarchal, il a la passion de la chanson. Il a choisi Calais pour son premier concert solo
Auteur, compositeur, interprète, Bryan Simoni a choisi sa ville natale, Calais, pour donner son premier concert solo. Une partie des bénéfices du concert sera reversée à des associations qui luttent contre la mucoviscidose.
Maladie qui le suit depuis une vingtaine d'années...
Son histoire s'apparente à celle de Grégory Lemarchal, le gagnant de la Star Academy décédé de la mucoviscidose : une même passion, la chanson, une même maladie, et un même combat quotidien contre celle-ci.
Si Bryan Simoni, Calaisien de naissance, calque celui qui a su lui donner espoir, il se défend pourtant de vouloir le copier. Il veut simplement vivre sa passion et poursuivre l'oeuvre de son aîné en reversant une partie des bénéfices de ses concerts aux associations de lutte contre la maladie.
Rencontre avec l'artiste.
Vous êtes originaire de Calais ?
Oui, j'ai vécu à Calais jusqu'à mes douze ans. Mon père travaillait dans le tulle et a su partir avant les premiers licenciements. Nous nous sommes installés à Montluçon, dans l'Allier, où mes parents ont repris un restaurant avant de descendre davantage dans le Sud pour le golfe de Saint-Tropez où ils sont toujours restaurateurs. »
Vous chantez depuis longtemps ?
J'ai toujours chanté. Petit, je chantais pendant mes soins de kiné respiratoire, que je suis obligé de faire tous les jours. Mais je m'y suis mis sérieusement, il y a quelques années. Au début j'écrivais pour me libérer de ma maladie, la mucoviscidose. A la mort de Grégory Lemarchal, j'ai voulu lui rendre hommage en mettant de la musique sur ces paroles et depuis je continue. Je prends des cours dans une école de musique et chante dans une comédie musicale du sud, "Les enfants qui s'aiment" qui met en musique des textes de Prévert. Réservé de nature, jamais je n'aurais cru pouvoir chanter devant un public. »
A propos de la mucoviscidose, dans votre blog, vous écrivez vouloir parler de cette maladie connue de beaucoup de gens mais mal connue. Peut-on en parler ?
Cette maladie est devenue médiatique avec la mort de Grégory. C'est une maladie génétique qui se transmet par les deux parents porteurs du gène, on m'a découvert cette maladie à 18 mois. J'ai un traitement médical et de la kinésithérapie tous les jours et ce n'est pas évident quand je suis en déplacement. La muco touche plus ou moins fort les personnes et plus ou moins les poumons et l'appareil digestif. Le problème de cette maladie, c'est sa multiplicité. Il existe plusieurs types de gènes. Je suis malade mais je ne veux pas que les gens s'apitoient sur mon sort, je ne veux pas faire de misérabilisme. Je suis une personne normale, je voyage, je sors. Je veux que les gens apprécient ce que je fais en tant qu'artiste et c'est tout.
Grégory Lemarchal vous a aidé à maintenir le combat contre la maladie. Vous vous identifiez à lui ?
Non justement. Je ne veux pas le remplacer ni le copier. Je veux simplement aider les personnes qui ont cette maladie, tout comme lui a pu m'aider et me redonner du courage. Je veux simplement poursuivre son action. Je commence à l'échelle locale et pourquoi ne pas la continuer à l'échelle nationale. Je veux montrer aux gens qu'il est possible de vivre et de croire en ses rêves même avec cette maladie.
Sa mort brutale en avril 2007 vous a touché ?
Oui, ça a été un choc. J'ai baissé les bras. Peu de gens connaissaient sa maladie. Il est mort très jeune et je me suis dit que j'allais connaître le même sort d'autant plus qu'il paraissait bien à la télé. Mais comme je vous l'ai dit, cette maladie touche de façons différentes les individus.
Cela dit, l'espérance de vie des malades est courte : 42 ans.
Vous avez sorti un single en hommage à Grégory Lemarchal ?
Oui, une autoproduction. J'ai rencontré ses parents en juin dernier lors d'une soirée hommage où j'ai chanté et ma carrière a débuté. Je suis ensuite monté sur scène à Toulouse, puis en septembre pour les Virades de l'espoir pour l'association Vaincre la mucoviscidose (VLM), en octobre dans la Creuse pour une soirée en faveur de l'association de Grégory. Je chante aussi dans les hôpitaux de ma région adoptive, les maisons de retraite.
Samedi soir, c'est à Calais pour votre premier solo?
En effet, je viens de monter mon association. Mon objectif est de donner des représentations et de reverser aux deux grandes associations de lutte contre la muco, une partie des bénéfices. Samedi, je serais seul sur scène. Je remercie Patrick du Channel qui m'accueille. C'est une grande chance pour moi. Le public verra que malgré la maladie, le show sera au rendez-vous. La première partie sera aussi assurée par le Groupe de danse UN - DEPEND - DANSE.
Seize titres dont cinq compositions seront chantés par ce jeune artiste plein de rêves. De la variété française, de Brel à Bruel en passant par Lama et bien sûr par Grégory Lemarchal résonnera au Channel Paradise samedi soir dès 20 heures.
Fabrice ALLEMAND
Réservation sur place, Bowling de Calais, Avenue Saint-Exupéry 62100 Calais - tél 03-21-34-34-22